Droits de l'homme.

La vérité sur l’affaire Regina Martínez a été dissimulée, l’impunité règne au Mexique

Des cambrioleurs, des narcotrafiquants ou des fonctionnaires corrompus? La Justice pourra-t-elle juger les véritables coupables de la mort de Regina Martínez, retrouvée étranglée et battue à son domicile en avril 2012? Après l’arrestation du préjugé meurtrier, toute  la lumière sur l’affaire semble loin d’être faite.

La divergence des informations fournies par les autorités sur la capture d’un cambrioleur présumé coupable du meurtre de Regina Martínez le 28 avril 2012 donnent l’impression que l’affaire a été maquillée. Selon l’article publié le 2 Novembre 2012 sur le site du Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ, sigle en anglais), l’assassin hypothétique Jorge Antonio Hernández Silva a été torturé et menacé de mort afin de passer aux aveux avant sa présentation devant un tribunal. L’arrestation eut lieue le mardi 30 Octobre 2012, avec comparution immédiate le lendemain. Aucune question n’a été autorisée. Le procureur de justice, Amadeo Flores Espinoza, n’a pas souhaité répondre aux questions posées par le CPJ sur le sujet.

L’État et des fonctionnaires fédéraux ont été accusés à plusieurs reprises par des journalistes locaux de mensonges et de dissimulations de preuves. Précisément, dans l’article publié le dimanche 6 de Mai 2012 sur le site «CNN México», Julio Scherer Duarte, fondateur du magazine «Proceso», a rencontré le gouverneur de Veracruz, Javier Duarte, afin de discuter de l’enquête. La revue «Proceso» a déclaré qu’elle ne faisait pas confiance à tout fonctionnaire de l’Etat, y compris le gouverneur.

«Regina a toujours écrit un tiers de plus de la vérité de ce que j’osais de faire dans les affaires que nous avons couvertes. Et j’écris plus que la plupart des journalistes».

Regina Martínez était envoyée spéciale à Veracruz, un des états les plus dangereux pour les journalistes au Mexique, et un des dix endroits les plus dangereux dans le monde, selon l’article publié le 21 décembre 2011 par Reporters Sans Frontières (SFR). La journaliste écrivait pour le magazine «Proceso», une des publications les plus respectées et de longue tradition au Mexique. Regina Martínez était connue pour la qualité de son travail d’investigation sur les cartels de la drogue et les liens entre le crime organisé et les fonctionnaires publiques. Une semaine avant sa mort, elle publia entre autre des articles concernant l’arrestation d’un maire interpelé avec des hommes armés supposés être des narcotrafiquants. Dans l’article publié le 30 avril 2012 sur le site du CPJ, un ex-collègue journaliste a déclaré: «Regina a toujours écrit un tiers de plus de vérité de ce que j’osais faire dans les affaires que nous avons couvertes. Et j’écris plus que la plupart des journalistes», pour des raisons de sécurité il a demandé à rester dans l’anonymat.

«Ex-collègues de Regina Martinez, journaliste assassiné. © L’Article 19»

Dans son article «L’affaire Regina : solution improbable», le journaliste Jorge Carrasco Araizaga condamne un gouvernement pressé par le manque de résultats, qui a finalement qualifié les motifs du meurtre d’homicide pour vol à caractère passionnel. «C’est clair, l’État n’a jamais considéré que le travail journalistique de Regina aurait pu être le motif de son meurtre» a-t-il dit. Selon le  bilan d’impunité du CPJ, la plupart des meurtres ont été perpétrés par des organisations criminelles, contre des journalistes qui enquêtaient sur le crime organisé et sur la corruption. Bref, Regina Martínez a exercé son métier de journaliste au Mexique, où respecter la vérité et défendre la liberté d’information peut couter la vie.

«Seconde Journée contre l’impunité».

Le réseau d’Échange international pour la liberté d’expression (IFEX, par son sigle en anglais), a lancé une campagne pour la seconde Journée contre l’impunité sur son site web, Twitter et Facebook. «Cette journée est consacrée à l’action pour demander justice au nom de toutes celles et tous ceux qui ont été harcelés pour avoir exercer leur droit à la liberté d’expression et pour mettre au grand jour le problème de l’impunité. Tous les 23 novembre, nous rappellerons qu’un nombre incalculable de citoyens, d’artistes, de blogueurs, de musiciens et de journalistes sont victimes d’harcèlement, de menaces, de tortures, d’intimidation, et sont emprisonnés ou pire encore, dans le seul but de les faire taire, alors que la majorité de ces crimes restent impunis». Aujourd’hui, 12 personnalités ont rejoint la campagne, dont neuf journalistes.

Visitez http://www.daytoendimpunity.org/fr pour en savoir davantage sur la campagne.

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