Droits de l'homme.

D’un président excessif à un président contemplatif

Après six ans d’une guerre sanglante déclarée contre le narcotrafic par l’ex-président Felipe Calderón, les scènes meurtrières et tragiques dans les rues du Mexique ne cessent pas. Le président élu Enrique Peña Nieto et son gouvernement font face à un énorme défi. Ils essaient donc de commencer par s’occuper des victimes. 

Enrique Peña Nieto, président élu du Mexique, a fait un clin d’œil à la scène internationale, ce mercredi 9 Janvier 2013, pendant la cérémonie de promulgation de la loi des victimes (Ley de Víctimas, en espagnol). Cette loi vise à indemniser les victimes civiles du narcotrafic. Il a affirmé : « C’est une loi en faveur des droits de l’homme sans précédent dans aucune autre Nation… » (Minute 1:16, vidéo publié sur le site officiel de la présidence).  Le 11 janvier 2013, Navi Pillay, représentante de la Commission des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (ACNUDH, sigle en espagnol), a déclaré dans un communiqué de presse à Genève : « On accueille avec satisfaction l’approbation de « la loi des victimes » par le président du Mexique, Enrique Peña Nieto, ce 9 janvier 2013. Notre bureau au Mexique a spécialement participé à l’élaboration et à la promotion de ce projet.» « Cette loi a été approuvé au Congrès en 2012», a-t-elle rappelé.  En septembre 2012, la loi n’a pas été publiée par le gouvernement de Felipe Calderón car elle devait être soumisse à des ajustements, selon CNN México.

© 2013, Présidence de la République.

© 2013, Présidence de la République.

En ce début d’année, les titres des principaux hebdomadaires mexicains portent sur le bilan des six années de la présidence de Felipe Calderón et sur l’invitation polémique faite à l’ancien président pour joindre l’Université d’Harvard en tant que professeur invité fin janvier 2013 (Proceso). Mais rien n’est plus représentatif que la démesure de la guerre contre le narcotrafic. Par exemple, un numéro spécial publié en décembre 2012, « Un mandat de mort » (El sexenio de la muerte, en espagnol), ou encore le livre « Au milieux des cendres » (Entre las cenizas, en espagnol), illustrent bien les séquelles de son mandat qui a taché de sang le pays, avec plus de 70 mille morts dont 15 mille anonymes retrouvés dans des fosses communes, ainsi que plus de 20 mille disparus. Nonobstant, cette histoire est loin d’être finie. Le narcotrafic est toujours présent au Mexique. Une grande partie de la population a été touché par des évènements violents et des milliers de familles demandent justice au gouvernement. C’est un défi pour Enrique Peña Nieto qui doit faire remonter sa popularité, en baisse constante depuis les manifestations lors de la passation de pouvoir en Décembre 2012. Certains de ces rassemblements citoyens ont tourné en émeutes, là où de nombreuses irrégularités et abus de pouvoir de la part du gouvernement ont été constatés, selon Proceso .

Dans ce contexte, Armistice Internationale a déclaré que « L’approbation des lois n’est pas suffisante pour garantir le droit des victimes. » L’organisation a également affirmé que l’existence d’un compromis de la part du gouvernement envers les victimes est nécessaire aujourd’hui au Mexique. Il faut créer des mécanismes d’implémentation de la justice dans le respect des normes internationales des droits de l’homme. « Tant que l’impunité continue, il est impossible d’en finir avec la violence et les violations des droits de l’homme au Mexique», conclut-elle.

© 2013, Présidence de la République.

© 2013, Présidence de la République.

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