Droits de l'homme.

L’assassinat d’une femme

Une affaire qui heureusement est sortie de l’anonymat, et arriva de l’Inde au Mexique pour relancer un débat éternel : La violence à l’égard des femmes.

La fin de l’année 2012 en Inde a été marquée par l’affaire d’Amantar, une jeune femme indienne de 23 ans, violée et assassinée dans un bus de New Delhi. Cette tragédie a déclenché des manifestations dans ce pays sud asiatique, qui aujourd’hui discute publiquement du phénomène de la « violence à l’égard des femmes». De la même manière au Mexique, ce débat est marqué par le silence et l’indifférence sociale. De nombreux journaux, comme « Sinembargo.mx » ou « Proceso.mx », ont parlé de cette affaire. Ainsi que la télévision nationale et régionale « Noticieros Televisa ». Dans d’autres articles, la faiblesse du système judiciaire mexicain est dénoncée. Selon l’article publié le 17 décembre 2012 dans « El Universal », les viols dans les transports publics ne sont pas nouveaux. Plus encore, de nombreux suspects, arrêtes puis relâchés, récidivent.

La justice n’existe pas pour les victimes de viol au Mexique
En décembre 2012, six femmes ont été violées dans les transports publics à Toluca, ville de la banlieue de Mexico. Plus courageuses que d’autres, ces femmes ont porté plainte pour les crimes subits. Ce cas n’a pas bouleversé le Mexique. Dans l’article publié le 7 novembre 2012 dans le journal « Reforma », une des femmes, raconte son expérience: « On est arrivé vers 23 heures, et on est sortis vers 4 heures. On était nombreux dans le bus. Quand j’ai fait ma déclaration, les officiers m’ont dit de supprimer des détails. On a été traités froidement. Après, vers le 7 décembre, la police a arrêté des suspects pour cette affaire, mais ils ne m’ont pas appelé pour les identifier. Je m’en suis rendu compte car les suspects sont passés à la télé, mais je n’en n’ai reconnu aucun. Je me souviens parfaitement de mes agresseurs, leur visage, leur voix, leurs gestes… ».

Violence à l’égard des femmes mexicaines
Sur le site électronique de l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ONU Femmes pour l’Amérique Latine et les Caraïbes, la mise en place de dispositifs préventifs dans les transports publics à Mexico est un des premiers exemples d’actions contre les agressions envers les femmes. Des wagons dédiés aux femmes dans le métro et les bus suggèrent qu’un nombre important d’agressions a lieu dans les transports publics. Selon ONU Femmes (ONU Mujeres, en espagnol), plus de trente-quatre mille femmes ont été assassinées durant les vint-cinq dernières années. Selon une étude réalisée en 2011 par le Secrétariat de Santé et l’Institut Nationale de Statistique et de Géographie (INEGI, sigle en espagnol) : 5,8% d’homicides, concernent à des filles de moins de 5 ans, 18% à des femmes entre 15 et 29 ans, et pour les femmes âgées le pourcentage double celui des hommes. Selon cette étude, des objets coupants sont utilisés trois fois plus dans les homicides de femmes que dans ceux des hommes. Ainsi l’étude signale que fréquemment dans les cas d’homicide, la victime a été violée, frappée ou mutilée, suggérant donc l’intention de maltraiter le corps féminin avant de lui priver la vie. Enfin, l’étude signale que la mauvaise gestion des médecins légistes et de la police est une cause importante de l’impunité ordinaire de ces crimes.

Wagon dédié aux femmes. Métro du Mexique. 2012

Wagon dédié aux femmes. Métro du Mexique. 2012. Hilda OROZCO pour l’ESJ-Paris.

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2 réflexions sur “L’assassinat d’une femme

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